Masques de profondeur dans DxO PhotoLab 10 : quand, pourquoi et comment les utiliser

Le masque de profondeur de DxO PhotoLab 10 sélectionne une zone de l’image selon sa distance (premier plan, plan moyen, arrière-plan), et non selon sa couleur ou sa luminosité. C’est l’outil à choisir quand on veut construire de la profondeur, donc un effet 3D, dans une photo qui reste une image plate.

Cet outil, arrivé dans DxO PhotoLab 10 et aussi dans la Nik Collection 9, ressemble beaucoup à la ligne de contrôle et au dégradé linéaire. Alors quelle est la différence, et quand utiliser l’un plutôt que l’autre ? Tout dépend de la manière dont on développe et dont on pense son image.

Dans cet article, qui accompagne ma vidéo, je pars d’un cas où la ligne de contrôle échoue, puis je montre trois images retravaillées avec des masques de profondeur : un paysage, une forêt et une forêt de bambous.

La vidéo : masques de profondeur, quand et comment les utiliser

1. Filtre gradué, ligne de contrôle et masque de profondeur : quelle différence ?

Ces trois outils appliquent des réglages locaux, mais chacun s’appuie sur un critère différent pour décider ce qu’il touche.

OutilSur quoi il s’appuiePour quoi je l’utilise
Filtre gradué (dégradé linéaire)Une position dans l’image, avec un seul réglage propre : l’opacitéAppliquer les réglages locaux de manière dégradée, par exemple en bas d’une image
Ligne de contrôleUn dégradé, plus la couleur (Chroma) et la lumière (Luma) prélevées par la pipetteSélectionner une couleur dans une zone, par exemple le bleu d’un ciel sans toucher aux nuages
Masque de profondeurUne cartographie de l’image et de sa profondeur, sans option de couleur ni de lumièreTravailler les plans : premier plan, plan moyen, arrière-plan

Le filtre gradué

Le filtre gradué est un masque gradué. Il me permet d’appliquer tous les curseurs des réglages locaux de manière dégradée. Son seul réglage propre est l’opacité.

La ligne de contrôle, un dégradé plus intelligent

La ligne de contrôle possède une petite pipette qui prélève la chromaticité et la luminosité de l’image. Si je clique dessus, j’affiche le masque. C’est plus intelligent qu’un simple dégradé linéaire.

Dans mon exemple, je voulais assombrir un peu le bleu du ciel sans toucher aux nuages, pour garder le coucher de soleil. Je déplace la pipette là où je veux, puis je règle Chroma et Luma. Comme je veux me focaliser sur la couleur plus que sur la lumière, j’augmente la couleur, et mes nuages ressortent du masque.

Si je ferme complètement la sélectivité, la ligne de contrôle redevient exactement un dégradé linéaire de base. On peut la voir comme une suite de points de contrôle alignés en ligne.

Le masque de profondeur

Ici, pas de pipette ni de curseurs Chroma et Luma : le masque ne repose ni sur la couleur ni sur la lumière. Il raisonne en géométrie ou cartographie de l’image, donc en plans.

2. Pourquoi la ligne de contrôle échoue sur un premier plan

La ligne de contrôle échoue dès qu’on veut sélectionner un plan plutôt qu’une couleur. Voici l’exemple qui m’a convaincu : une image avec des arbres de chaque côté et devant, au premier plan, et un lac derrière.

Je déroule ma ligne de contrôle et je place la pipette sur les arbres. Je n’arrive pas à attraper le haut des arbres. Si je monte le dégradé, j’attrape le haut, mais pas tout, et j’embarque le lac. Même en dégageant peu à peu le lac, des zones restent prises dans le masque violet parce que j’ai surtout sélectionné la couleur. Et si je sélectionne avec la lumière, je commence à tout prendre.

Le problème de raisonnement est : je pense en couleur et en lumière, alors que mon premier plan se définit par sa position dans l’espace. Je jette donc cette ligne de contrôle.

Masque de profondeur - Raisonner en terme de plans
Masque de profondeur – Raisonner en terme de plans

3. Comment utiliser un masque de profondeur, pas à pas

Sur la même image, le masque de profondeur donne en quelques gestes ce que la ligne de contrôle n’a pas réussi à faire.

  1. Créer le masque de profondeur dans les réglages locaux, puis cliquer sur le plan à travailler (ici, mon avant-plan).
  2. Observer la première sélection. Chez moi, elle est « un peu moyenne » : c’est normal, on l’affine.
  3. Déplacer le curseur vers l’avant-plan ou vers l’arrière-plan selon le plan voulu. Au début, je partais vers l’arrière-plan alors que je voulais l’avant-plan.
  4. Allonger un peu le dégradé devant. Je le fais exprès, pour ne pas créer d’arête marquée.
  5. Appliquer les réglages locaux voulus : ClearView, contraste, ouverture des ombres, selon l’intention.
  6. Refaire un masque pour chaque plan. Pour l’arrière-plan, il a directement compris ce que je voulais.

Avec deux masques de profondeur, sans empiler énormément de calques, j’ai été extrêmement rapide et efficace. J’aurais pu poser des points de contrôle partout, mais entre la sélectivité Chroma et Luma, comme on l’a vu avec la ligne de contrôle, cela ne fonctionne pas bien ici.

4. Cas 1 : relier trois plans dans un paysage

En paysage, on peut créer de la profondeur avec les masques, comme on le fait avec la focale pour la profondeur de champ : c’est l’effet 3D sur une image en 2D. Toute la théorie est dans ma vidéo sur la profondeur en photographie.

Sur cette image, j’avais une cassure : un premier plan très clair, exposé au soleil, et un plan moyen trop sombre qui faisait une rupture. Je l’ai corrigée avec trois masques de profondeur :

  • Premier plan : un peu de ClearView et de contraste.
  • Plan moyen : j’ouvre les ombres pour l’installer comme intermédiaire entre le premier plan et le fond.
  • Arrière-plan (le ciel et la zone bleutée) : j’ouvre les ombres, je redonne un peu de présence et un peu de ClearView pour baisser le voile atmosphérique.

J’ai ensuite ajouté un point de contrôle pour une micro-vignette autour, et j’aurais pu passer un peu de pinceau dans les valeurs pour guider le regard. L’idée est de relier l’avant-plan et l’arrière-plan grâce au ton moyen de l’image, et donc de créer de la profondeur.

5. Cas 2 : guider le regard dans une forêt

Les masques de profondeur servent aussi à hiérarchiser l’image, donc à décider par où le regard entre et où il va ensuite. Dans cette photo, l’œil était attiré entre les arbres, vers le fond sombre. Je voulais qu’il passe d’abord par l’avant-plan, regarde les arbres, puis aille derrière. Pour cela, je raisonne en plans.

  • Avant-plan : je lui donne de la dominance, car dans la physiologie de l’œil il est très présent et censé être très net. J’ajoute un peu de contraste, de microcontraste et de piqué.
  • Second plan : le second arbre, qui appartient aussi à ce plan. J’ouvre légèrement les ombres pour le rapprocher du premier plan, un tout petit peu de ClearView (moins qu’avant) et je le réchauffe, car il commence à bleuir.
  • Arrière-plan : je n’ai même pas eu à régler les curseurs, il ne prend pas les deux premiers arbres. J’ouvre très légèrement les ombres, je baisse le contraste, je monte un peu la présence, sans ClearView puisque je viens de mettre un microcontraste négatif. Puis, comme nous sommes dans DxO PhotoLab, j’ajoute un peu de flou : j’en ai mis beaucoup pour la démonstration, autour de 9 ou 10 en réalité.
Masque de profondeur 2
Masque de profondeur – Forêt

En avant/après, on est désormais attiré d’abord par l’avant-plan, puis vers le fond. J’ai terminé par un recadrage : on se promène alors sur le premier arbre, le deuxième, le troisième. Cette hiérarchie visuelle vient uniquement des réglages locaux et de trois calques de profondeur.

6. Cas 3 : créer de la profondeur dans une forêt de bambous plate

C’est le cas le plus difficile : tout a l’air complètement plat, comme si tout était au premier plan. Notre cerveau sait qu’il y a des bambous derrière, mais l’image paraît extrêmement plate, avec à peine 2 m de profondeur.

Ici, une sélection par la couleur serait un vrai fouillis : les bambous sont presque tous dans les jaunes et les verts. Avec les masques de profondeur, c’est extrêmement simple. Je fais volontairement un dégradé pour ne pas créer d’arête marquée.

  • Premier plan : je force le ClearView (autour de 50), j’ajoute de la vibrance, du piqué, du microcontraste et du contraste.
  • Plan moyen : même logique, en plus doux. ClearView autour de 25, un soupçon de microcontraste et un peu de contraste, sans toucher à la saturation. Je peux ajouter un soupçon de bleu en reculant de deux crans sur le masque de profondeur.
  • Arrière-plan : j’assombris un peu, je baisse le microcontraste (j’aurais pu le passer en négatif) et j’ajoute quelques points de flou. Je peux même décontraster encore un peu l’image.

Le principe : ce qui est net, un peu plus coloré et un peu plus chaud attire l’œil en premier, puis le regard va petit à petit vers ce qui est plus distant. J’ai ainsi créé la profondeur de champ que j’aurais pu obtenir avec mon optique.

7. Astuces pour un rendu naturel

Le réflexe à garder : baisser l’opacité du calque plutôt que de renoncer à un réglage. Si je trouve le premier plan un tout petit peu violent, je baisse l’opacité de son masque et je le rends on ne peut plus naturel. Je peux ensuite pousser un peu plus les contrastes ailleurs.

  • Jongler avec les opacités pour ajuster les plans et les faire dialoguer entre eux.
  • Relier les plans par les tons moyens et par les dégradés. Les dégradés relient les extrémités tout en gardant un certain contraste.
  • Ne pas se contenter de la première sélection. Elle est souvent « un peu moyenne » : le curseur et la longueur du dégradé font le reste.
  • Combiner avec les autres outils : un point de contrôle pour une micro-vignette, un peu de pinceau pour guider le regard.

Résultat : une image relativement naturelle, avec clairement une profondeur, trois plans ou plus qui s’accordent entre eux.

8. Questions fréquentes sur les masques de profondeur

Quelle est la différence entre le masque de profondeur et la ligne de contrôle ?

La ligne de contrôle s’appuie sur un dégradé et sur la couleur et la lumière prélevées par sa pipette. Le masque de profondeur s’appuie sur une cartographie de l’image et de sa profondeur, sans aucune option de couleur ni de lumière. Pour travailler un plan, c’est lui qu’il faut choisir.

Faut-il un appareil qui enregistre la profondeur ?

Non : c’est le logiciel qui analyse l’image par IA pour estimer la profondeur de la scène.

Combien de masques de profondeur faut-il par photo ?

Autant que de plans à travailler. Dans mes exemples, deux ou trois suffisent : premier plan, plan moyen et arrière-plan.

Comment éviter un résultat artificiel ?

Allongez le dégradé pour ne pas créer d’arêtes, et baissez l’opacité du calque si un réglage est trop marqué. Reliez les plans par les tons moyens.

Peut-on le combiner avec les autres outils de PhotoLab ?

Oui. Dans mon paysage, j’ai ajouté un point de contrôle pour une micro-vignette, et un peu de pinceau est possible pour guider le regard.

9. Ce qu’il faut retenir

Le masque de profondeur se choisit quand on raisonne en plans plutôt qu’en couleur et en lumière. La ligne de contrôle reste précieuse pour isoler une couleur dans une zone, comme le bleu d’un ciel sans les nuages, et le filtre gradué pour un dégradé simple. Pour créer un effet 3D, hiérarchiser le regard ou redonner de la profondeur à une image plate, ce sont les masques de profondeur qui font gagner du temps.

Si vous voulez voir tout cela en action, la vidéo est en haut de cette page. N’hésitez pas à laisser vos commentaires sous la vidéo, ou en bas de cette article.

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Merci de votre visite de Dragonstreet Photography, et à très bientôt j’espère,

David

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